Opéra aérien
sur les traces des sorcières
La cie La Mécanique de Circé présente
Ensorcelées

Une cantatrice perchée sur un trapèze, une musicienne multi-instrumentiste ainsi qu’un conteur créateur sonore nous racontent les sorcières.

Dans l’imaginaire ainsi que dans la réalité historique, celles-ci furent objets de fascination autant que de haine.
En filigrane nous interrogeons les tourments du présent.

Quels sont les chemins de la haine collective qui mènent à la désignation de boucs émissaires ?
Quelle est la place paradoxale du féminin dans sa quête de liberté ?
Quelles forces de subversion le mythe et la réalité des sorcières renferment-ils ?

Depuis l’Antiquité, la magicienne qui plus tard fut appelée sorcière, est une figure ambivalente : par son charme séducteur, et la peur voire le danger qu’elle inspire.

À l’Âge Moderne la sorcière devint une véritable figure historique, à travers l’épouvantable chasse que l’Inquisition déchaîna contre elle…

Mais derrière ces représentations protéiformes se cache la femme libre, indomptable, irréductible aux conventions et aux valeurs sociales dominantes. Évoquer les représentations de la sorcière nous permet d’éclairer la manière dont notre imaginaire s’est nourri d’une figure féminine qui suscita tant le désir que l’épouvante. Il est question ici de l’espace du féminin et de sa quête de liberté en dehors du joug des représentations ; mais aussi des mécanismes de déploiement de la haine collective…

Car les schémas forgés par la haine de l’autre sont plastiques et se réitèrent au fil de l’histoire sous des formes nouvelles, ceci jusqu’à nos jours. À l’heure du vacillement du mythe du progrès et de l’évidence de la catastrophe écologique, il nous semble pertinent de nous interroger sur la manière dont l’ordre social peut bâtir des discours de haine en désignant des boucs émissaires

A travers notre spectacle sur les sorcières nous souhaitons rendre hommage à la partie intrinsèquement libre et indomptable de l’existence tapie dans l’ombre, se situant du côté de la poiesis, du dionisiaque… et irréductible à l’ordre rationnel établi.